Presentation du site Savoir sans Frontières et de J.P.Petit

L'association Savoir sans Frontières

25 Février 2006

 

Le monde actuel est plein de bruit et de fureur. Partout, on fourbit des armes. Dans beaucoup de régions du globe on enseigne l'égoïsme, la violence et la haine de l'autre. Il n'est pas de jour où on ne diffuse des images qui, sous forme de prétendu divertissement nous plongent dans l'univers du meurtre et de la violence sans que nous n'en ayons réellement conscience, et ce sont ces mêmes images dont nous nourrissons nos enfants dès leur plus jeune âge. Savoir sans Frontières est né du désir de fournir aux êtres humains autre chose que cela : un enseignement utile et distrayant, drôle, utilisant un mélange de texte et d'image.

Mais, au delà de cette action de diffusion de savoir scientifique et technique il y a le réel besoin que nous avons tous de prendre le contrepied de la tendance générale. Savoir sans Frontières est un message de générosité qui tire le meilleur parti possible des techniques les plus modernes. Jadis, Gutemberg inventa l'imprimerie. Alors des connaissances purent se déverser à travers le monde. Aujourd'hui le document numérique, qu'il s'agisse de texte, d'image, de son, ou des trois mêlés représente la révolution Gutemberg II. On découvre alors une chose imprévue : ce savoir-là peut être distribué ... gratuitement ! Il peut être multiplié à des millions d'exemplaires sans consommer d'encre ou de papier, sans coûts de fabrication, de stockage, de diffusion, de gestion. Il n'y a pas non plus d'impôts ou de taxes sur des produits gratuits.

C'est donc ce que nous pouvons donner le plus facilement.

Or, aujourd'hui donner sans rien demander en retour, quand on le peut , est une tâche urgente et c'est ce que les hommes comprennent le plus mal. En attendant que nous partagions la nourriture, la santé, l'énergie, le bien-être, nous pouvons partager le savoir à l'échelle de la planête entière. L'ONU prépare la machine à enseigner la plus fantastique de tous les temps, l'ordinateur qui se recharge avec une manivelle :

 

 

 

Il a été prévu d'en produire cent millions d'exemplaires. C'est la machine à distribuer le savoir, l'arme absolue pour lutter contre l'ignorance. Aujourd'hui un simple morceau de plastique, d'une valeur marchande déroisoire, je veux parler d'une clé USB, peut contenir l'équivalent d'une bibliothèque entière.

Nous vivons le temps de tous les dangers. Nous ne savons pas ce qui peut sauver le monde. Mais que ceux qui ont des connaissances les donnent, en fassent profiter les autres. Savoir sans Frontières est une entreprise exaltante parce que des hommes donnent à d'autres hommes, sans qu'un seul centime ne soit détourné. Pour certains traducteurs issus de pays pauvres les 150 euros payés pour chaque traduction d'un album représentent une aide matérielle bienvenue. Mais tous ces traducteurs ont conscience, bien au delà du fait de gagner quelque argent, de participer à quelque chose de beaucoup plus vaste, de beaucoup plus durable et surtout à une tâche pacifique et utile.

J'ai gagné quelque argent pendant trente années avec des livres qui ont parfois été traduits en 8 langues. Mais aujourd'hui, en ayant rendu tous ces ouvrages gratuits et en voyant avec quel enthousiasme les traducteurs relayent cette action je réalise que je suis bien plus payé que si je recevais de l'argent.

Les choses réellement importantes ne s'achètent pas, elles se donnent.

Les langues sont aussi le sang des êtres humains. Ces techniques modernes font que des ouvrages qui auraient jusqu'ici été réservées à des élites ou confinées à des langues assurées d'une grande diffusion pourront être traduits dans tous les langages possibles. Cette même technique représente une aide potentiellement très efficace pour l'alphabétisation et la maîtrise de langues étrangères.

Je m'appelle Jean-Pierre Petit. Je suis né en 1937, en France, à Paris, dans une famille pauvre.

 

Enfant de la balle, j'ai du apprendre très jeune à gagner ma vie avec le dessin et la musique. J'ai vendu des milliers de dessins, d'aquarelles et gagné ma vie en chantant dans les rues de nombreux pays et en faisant des tas de métiers différents, souvent fort étranges. J'ai été graveur, lithographe.

 

J'ai fait des études d'ingénieur de l'aéronautique. J'ai ensuite travaillé dans des domaines fort différents. J'ai commencé par être ingénieur d'essai de fusées à poudre.

 

 

Puis j'ai travaillé sept années dans la magnétohyodrodynamique ( MHD ) domaine qui a été abandonné ( à tort ) dans de nombreux pays du monde, dont les pays européens. J'ai ainsi fabriqué une machine qui ressemblait à un canon à gaz et transformait l'énergie d'un explosif en électricité. Pendant un millième de seconde un générateur grand comme une canette de bière produisait plusieurs mégawatts d'électricité. Bien sûr, comme beaucoup de chercheurs, j'ai un nombre important de publications scientifiques à mon actif. Ne retenons que celles où j'ai pu réellement découvrir quelque chose, faire faire quelque progrès à la science et à la technique. Ces générateurs, qui fonctionnaient avec deux températures ( comme les tubes au néon, où la température électronique est plus élevée que celle du gaz ) étaient sujets à ce qu'on appelait l'instabilité de Vélikhov, ce qui les empêchait de fonctionner correctement. J'ai pu en 1967 obtenir le premier fonctionnement stable, travail que j'ai présenté à un congrès international de MHD à Varsovie, en 1967. J'ai fait par la suite d'autres travaux qui étaient liés à ce qu'on appelle la propulsion MHD. Mais en cette fin des années soixante ces travaux ne furent pas compris en France, alors qu'ils nous donnaient une certaine avance au plan international. Ce sont des choses qui arrivent souvent. Ne dit-on pas que nul n'est prophète en son pays. Je suis donc, je crois, un bon spécialiste de ce qu'on appelle les plasmas.

Comme il fallait changer de discipline, après avoir été expérimentateur je suis devenu théoricien dans ce qu'on appelle la théorie cinétique des gaz et des plasmas. Puis, un jour, j'ai remplacé les molécules par des étoiles, ce qui a fait de moi un théoricien de la dynamique des galaxies. C'est ce qu'avait fait avant moi l'Indien Chandrasekhar. A la même époque j'ai été enseignant à l'école des Beaux-Arts de la ville d'Aix en Provence, en sculpture. Je me suis occupé pendant quelques années à créer avec mes étudiants des sculptures qui étaient en fait des objets mathématiques. J'ai été ainsi parmi les pionniers d'une bien étrange activité consistant à retourner une sphère, recto-verso. J'ai décrit ce travail dans un article de 1979 qui est devenu une sorte de référence en la matière, parce que c'était la première fois qu'on arrivait à comprendre et à décrire de façon accessible ( tout est relatif ) une chose aussi compliquée.

 

Extrait de mon illustration du retournement de la sphère ( Revue Pour la Science, janvier 19179 ) et [14]

En fait, chacune de ces activités a engendré de nouveau livres et en particulier de nouvelles bandes dessinées. Etant devenu géomètre il était normal qu'on trouve dans mes albums beaucoup de choses empruntées à la géométrie. Mais j'ai été aussi un pionnier en matière de micro-informatique et j'ai dirigé pendant des années un centre informatique que j'avais créé, à l'université d'Aix-en-Provence, dans le sud de la France. On trouvera donc un album et des livres traitant ... d'informatique, en particulier de Conception Assitée par ordinateur ( CAO ). J'ai écrit des programmes de CAO faisant des dizaines de mètres de long, qui tournaient sur des micro-ordinateurs et j'en ai vendu à l'époque plusieurs milliers.

J'ai été aussi à l'époque enseignant au département de philosophie de l'université d'Aix enn Provence, ce qui m'a permis d'apprendre beaucoup de choses que j'ignorais, grâce à mes étudiants. De là viennent les éléments de mes livres qui touchent à l'histoire des sciences, de l'astronomie et de la cosmologie.

J'ai eu la chance de connaître des grands mathématiciens. Certains, comme l'académicien André Lichnérowicz, grâce à qui j'ai publier de nombreux travaux ( [8], [9] ) , sont décédés. D'autres, comme le professeur Jérôme Souriau sont encore vivants. Auprès d'eux j'ai pu prendre la mesure de mon ignorance, qui me paraît toujours aussi vertigineuse, cette sensation ne faisant que s'aggraver avec le temps en dépit de mes efforts pour combler mes nombreuses lacunes. Mes albums et mes livres ressemblent ainsi à une sorte de "journal de bord" où j'aurais consigné toutes les aventures liées à ces rencontres.

J'ai commencé à écrire des livres de vulgarisation en 1977. Je pense que si j'ai quelque talent pour mettre les choses à portée des gens c'est parce qu'étant enfant j'avais moi-même beaucoup de mal à comprendre ce que les professeurs racontaient. Il est vrai qu'à l'époque je passais plus de temps à dessiner qu'à écouter les cours, ce qui leur faisait me dire "entre le dessin et les sciences il vous faudra un jour faire un choix !". Mais, visiblement, je n'ai jamais pu me décider et à la fin tout était terriblement mélangé. Je crois que mes travaux sur le retournement de la sphère représentent un exemple typique du résultat de ce mélange dans ma tête.

Au milieu des années soixante-dix j'ai dirigé une thèse de doctorat ( un phd ) assez étrange, un travail encore une fois peut être un peu trop en avance par rapport à l'époque, selon laquelle j'ai montré qu'on pouvait voler à vitesse supersonique, et même hypersonique sans faire d'onde de choc en faisant agir sur le gaz des forces électromagnétiques ( forces de Laplace en français, et de Lorenz pour les anglo-saxons ). Tout ceci a donné lieu à des publications scientifiques et à des présentations dans des congrès internationaux ( [1] , [2] , [3], [4] ). J'avais tout calculé pour que l'expérience marche au premier essai, comme d'habitude, mais je n'ai pas pu trouver l'argent pour remonter un laboratoire de MHD. Alors je me suis contenté de faire des simulations hydrauliques, en 1976 ( [2] ), en montrant qu'un bateau pouvait naviguer sans faire de vagues. On trouvera tout cela dans une bande dessinée intitulée "Le mur du Silence".

En 1987 je me suis alors tourné vers la cosmologie théorique et j'ai publié plusieurs articles sur un modèle cosmologique "avec des constantes variables", faisant tout varier, même la vitesse de la lumière ( [5], [6], [7] ) . J'ai été le premier à faire cela. Depuis des gens ont repris cette idée en 1993 et 1999. Dès 1977 je m'étais intéressé aux idées d'Andréi Sakharov, qui pensait que l'univers avait une structure gémellaire, avec une sorte de frère jumeau où le temps s'écoulait à l'envers. J'avais pu publier des articles à l'Académie des Sciences grâce au mathématicien Lichnérowicz ( [12] , [13] ) . En utilisant un théorème dû au mathématicien Français Jean-Marie Souriau (1972) j'ai montré que cette inversion de la flèche du temps dans le second univers signifiait simplement qu'il contenait des particules dotées d'une masse et d'une énergie négatives ( [14] ) . Comme cet univers interagit avec le nôtre je pense depuis longtemps que c'est cette action de l'univers jumeau sur le nôtre qui le réaccélère et que c'est cela la véritable nature de ce que d'autres appellent aujourd'hui "énergie noire". Puisqu'il fait expliquer un peu qui je suis et ce que je fais, on trouvera des traces de cela dans Nuevo Cimento, Astrophysics and Space Science ( [10], [11] ) et dans des congrès internationaux ( [14] ) . Il y a des présentations vulgarisées dans le site. En français : " Le Versant obscur de l'univers " et en anglais " The dark side of the universe".

Enfin, avant de passer à l'évocation des albums qui existent déjà et de ceux que je vais créer, un dernier mot sur mes recherches de 2005, qui font suite à des travaux initiés bien des années auparavant ( [12], 13] ) . Le mot "retraite" n'a aucun sens pour moi et il en est de même pour mon ami Souriau, comme il en était de même pour mon ami Lichnérowicz. Au point où nous en sommes, les deux univers jumeaux n'ont pas quatre dimensions, mais cinq. D'après Kaluza ( 1921 ) décrire le mouvement des particules dans cinq dimensions est équivalent à les doter d'une charge électrique. Tout ceci permet de savoir ce qu'il y a entre ces deux univers. Un morceau de pain est un objet a trois dimensions, tandis qu'une tranche de jambon en a seulement deux. On peut joindre deux morceaux de pain le long d'une tranche de jambon, qui a une dimension de moins. De même on peut joindre deux univers à cinq dimensions le long d'un univers à 5 - 1 = 4 dimensions. Les propriétés géométriques de cet univers sont très intéressantes car, par exemple, sa flèche du temps est perpendiculaire à la nôtre.

Maintenant passons à l'évocation des différents albums, en suivant une difficulté croissante.

Pour le traducteur, j'ai mis le nom du personnage central entre parenthèses. C'est (Lanturlu) qui s'appelle en anglais Archibald Higgins, etc.

1 - L'informagique : (Lanturlu) et ses amis, à la suite de la découverte d'une sorte de formule magique se retrouvent à l'intérieur d'un ordinateur. Celui-ci contient des sortes de diables qui passent leur temps à nouer et à dénouer des mouchoirs. Avec un modèle de ce genre on arrive à décrire les grandes lignes du fonctionnement d'un ordinateur.

2 - Le Géométricon : En servant de toutes les choses étranges qui font partie de la géométrie sphérique on amène le lecteur à comprendre ce que peut être un espace tridimensionnel courbe, hypersphérique. Comme d'habitude, les concepts sont amenés à travers un scénario, de nouvelles aventures de (Lanturlu), où celui-ci se trouve projeté, sans la savoir, dans un monde sphérique, puis hypersphérique.

3 - Si on volait : (Lanturlu) aimerait bien fabriquer une machine volante. Densité, pression, température prennent un sens nouveau. Le fait d'avoir été élève dans une école d'aéronautique m'a sans doute beaucoup aidé pour créer cet album. On y découvrira des choses souvent méconnues, par exemple que le fait que l'air possède une viscosité est indispensable pour qu'un appareil puisse tenir en l'air ou qu'une hélice puisse brasser l'air. Si l'air était "superfluide" les oiseaux seraient obligés d'aller à pied.

4 - L'Economicon : (Lanturlu) est cette fois l'employé d'un potier, qui l'exploite sans ménagements. Tout débute avec une économie basée sur le troc. Puis la monnaie nait, sous la forme d'un produit qui n'est pas immédiatement utilisé. Cette monnaie devient symbolique, sous la forme d'un métal précieux. Le roi invente le papier-monnaie et réalise ainsi une fantastique opération d'émission de chèques sans provision. Par la suite une analogie fondée sur la mécanique des fluides permet d'expliquer le différents rouages de l'économie d'un pays, en particulier le phénomène de l'inflation.

5 - Le Spondylospcope. Dieu se fait présenter par ses anges les dernières nouveautés en matière d'évolution. Ceux-ci proposent d'introduire dans le monde vivant un bipède : l'homme. Dieu est sceptique. Cette nouvelle créature est censée pouvoir attrapper des fruits sur les branches basses de arbres. Mais bien sûr il accumule les sottise et chacun d'entre elle est utilisée pour montrer les différents problèmes rencontrés par les êtres humains avec leurs articulations.

6 - Le tour du monde en quatre vingt minutes. Je n'oublie pas que j'ai été ingénieur d'essai de fusées, ce qui me permet d'expliquer tout ce qui est lié à l'aventure spatiale, de la propulsion par fusée à la mise sur orbite. Dans la seconde partie de l'album (Lanturlu) suit un entrainement pour devenir cosmonaute. L'histoire se termine par une mission, menée avec Sophie, peuplée d'aventures et de rebondissements.

7 - Cendrillon 2000. Cendrillon est une opheline, recueillie par sa détesbale belle-mère après la mort de son père. Celle-ci la traite comme une servante. Dans le royaume où elles vivent le roi se désespère car son fils tarde à choisir une épouse. Il organise alors un grand bal où toutes les jeunes filles de bonne famille sont conviées. En dépit de l'opposition de sa belle-mère, Cendrillon parvient à se rendre à ce bal. Le fils du roi tombe amoureux d'elle. Mais elle doit absolument revenir chez elle avant le douzième coup de minuit. Elle doit prendre la fuite. Dans la suite de l'histoire le roi et son fils s'efforcent de la retrouver. Ce scénario permet d'illustrer le concept d'information.

8 - Cosmic Story : (Lanturlu) traverse les différentes périodes de l'histoire en étant successivement balayeur à la bibliothèque d'Alenxandie, assitant de Copernic, valet de Kepler. On voit alors se dérouler sous nos yeux toute la genèse des idées en cosmologie, depuis l'antiquité jusqu'à l'époque moderne.

9 - A quoi rêvent les robots. (Lanturlu) n'apprécie guère de devoir faire le ménage. Il invente alors une machine, d eplus en plus élaborée, pour que celle-ci puisse faire ce travail à sa place. Cette trame d'histoire permet de présenter les concepts fondamentaux de la robotique, en passant par la reconnaissance de forme et en évoquant la possible émergence, un jour, d'une intelligence artificielle.

10 - Energétiquement vôtre. A l'ère préhistorique les hommes ne connaissent pas le feu. Ils tentent alors de se chauffer en exposant des pierres au soleil. (Lanturlu) invente le feu, mais pas la cheminée. Sa grotte se remplit alors de fumées toxiques. Cette histoire sert de préambule à une présentation de l'énergie nucléaire, les noyaux fissiles étant comparés à des boites qui contiennent des diables qui ne demandent qu'à sortir. Ce modèle permet d'expliquer la réaction en chaîne, la masse critique, le fonctionnement et le contrôle d'un réacteur nucléaire. Puis on passe à la fusion sans oublier d'expliquer qu'il sera peut être possible un jour, abec par exemple un mélange Bore - hydrogène d'obtenir une fusion propre, sans autre produit de réaction que de l'hélium.

11 - Joyeuse Apocalypse : Les hommes, à l'âge de la pierre, vivent dans des grottes. De féroces animaux les empêchent d'avoir accès aux fruits dont ils se nourrissent. L'un d'eux invente alors la première arme, qui leur permet de vaincre ces terribles animaux. Mais, très vite, les hommes se servent de ces mêmes armes pour se battre les uns contre les autres. Ils inventent les armes de jet, puis les armes défensives, les casques, les boucliers et enfin les armes où la propulsion est assurée par de l'énergie de nature thermique, appelées armes à feu. Commence alors la course aux armements, de plus en plus sophistiqués, de plus en plus performants, de plus en plus meurtriers. Armes atomiques, armes à énergie dirigée, effets en retour par hiver nucléaire, équilibre de la terreur. La véritable fin de cette histoire reste à écrire.

12 - Pour quelques Ampères de Plus : (Lanturlu) se plaint de ne pas disposer d'instruments pour pouvoir faire des expériences intéressantes, dans la maison. Sophie lui montre qu'une simple cuisine contient beaucoup d'objets dont l'étude se révèle fort instructive, comme la lampe à incandescence, le tube au néon qui contient ... un plasma. Un téléviseur est aussi une machine tout à fait étonnante, lorsqu'on cherche à comprendre comment celle-ci fonctionne. L'album représente une présentation des phénomènes électriiques et électromagnétiques assez différente de ce qu'on utilise habituellement puisqu'on part des gaz ionisés par arriver aux conducteurs solides, riches en électrons libres. Comme toujours on s'efforce de montrer au lecteur comment les choses se passent réellement "à l'intérieur".

13 - Le Mur du Silence : Cette bande dessinée n'a aucun équivalent dans le monde. C'est pratiquement le seul ouvrage où les concepts-clés de la MHD, de la magnétohydrodynamique ( parfois appelée magnéto-gaz-dynamique ) sont présentés. Dans cette histoire (Lanturlu) cherche à concevoir un bateau qui puisse naviguer sans créer de vagues, ce qui correspond à une idée de l'auteur datant de 1976, puis à des expériences menées à bien en 1976. A travers cette approche de MHD dans un milieu liquide on expose l'idée sous-jacente. Comme il existe une analogie entre les ondes de surface et les ondes sonores, puis entre les vagues d'étraves et de proues et les ondes de choc qui s'établissent autour d'engins volant à vitesse supersonique on suggère que des machines puissent, en utilisant la MHD, voler à vitesse supersonique sans créer d'ondes de choc, de "Bang", thème qui sera repris dans une future bande dessinée.

On passe ensuite à des albums qui ne s'adressent plus à des enfants, mais pratiquement à des gens intéressés par le monde des sciences, capables de faire certains efforts intellectuels, ou à des étudiants.

14 - Big Bang : En utilisant des images analogiques cet album est pratiquement la version en bande dessinée du célèbre ouvrage du prix Nobel Steven Wenberg "les trois premières minutes".

15 - Mille milliards de Soleils : Grâce à une nouvelle analogie, celle d'un fluide pensant qui circule sur un support souple et tend à se rassembler en flaques on présente sous une forme imagée le mécanisme qui crée tous les objets de l'univers : l'instabilité gravitationnelle. Des masses informes, sphéroïdales on passe aux étoiles. On explique l'origine du mouvement de rotation des galaxies, issu de l'époque où elles étaient très proches l'une de l'autre, peu après leur formation et entraient en collision. Le métabolisme d'une galaxie est évoqué.Comment une baisse de températre dans une masse gazeuse entraîne l'apparition de nouvelles étoiles et comment l'énergie dégagée par celles-ci réchauffe à son tour ce gaz qui leur a donné naissance. l'abum se termine par l'évocation du délicat problème de la structure spirale des galaxies, encore mal comprise.

16 - Tout est Relatif : On montre que la Relativité Restreinte a une base essentiellement géométrique. Grâce au modèle présenté, très fidèle, aller plus vite que la lumière devient aussi impossible que de de descendre plus profondément dans une sphère liquide qu'en atteignant ... son centre. Cette présentation est la seule qui donne réellement quelque éclairage sur ce problème épineux de la théorie d'Einstein.

17 - Le Trou Noir : Une analogie 2d permet de développer sous les yeux du lecteur le concept de courbure de l'espace. Cet album est une grande aventure géométrique. La notion de courbure est déclinée de toute les manières possible : positive, négative, nulle. L'idée fondamentale de la Relativité générale se dégage, à savoir que la notion de trajectoire suivie par une particule dans un espace plat, Euclidien, déformée sous l'action d'une force est transformé en idée de trajectoire géodésique suivie par le même objet dans un espace courbe. Le champ de force est transformé en champ de courbure.

18 - Le Chronologicon : Dans cet album on s'interroge sur la nature du temps, sur la dynamique des phénomènes irréversibles. On joue avec la mécanique statistique. On évoque le concept d'entropie. On montre que la tendance vers le désordre peut passer par l'apparition de structures ordonnées : les cellules dissipatives. On montre qu'en physique rien n'est plus difficile que de cerner la question du temps.

19 - Le Topologicon : Pouvait-on rendre accessibles les concepts d'une discipline a priori aussi ardue que la topologie ? Cet album est un pari gagné, à condition que le lecteur se munissent de cachets contre les maux de tête.

20 - Le Logotron : L'auteur avoue qu'il a tenté là l'acrobatie maximale : arriver à présenter les grandes lignes d'un des plus célèbres théorèmes des mathématiques, le théorème de Goedel, qui montre que tout langage, quel qu'il soit, y compris les mathématiques elles-mêmes, contient au moins une proposition dite indécidable, comme "je mens". Ainsi la boucle est bouclée et ce dernier album nous amène à considérer la science avec plus de modestie. Quoi qu'on puisse dire, on dira au moins une bêtise. Cet album est construit sur un scénario très amusant, où les langues terrestres, frappées d'une étrange maladie, disparaîssent les unes après les autres. ( Lanturlu ) et ses amis cherchent alors l'ultime langue qui pourrait résister à cette pandémie linguistique. Et il apparaît qu'il n'y en a aucune.


Ces albums ne sont pas présenté dans leur ordre chronologique de publication. J'ai simplement voulu voir jusqu'où on pouvait aller en matière de transmission de connaissances en mêlant un scénario, de l'humour, de la science comme autant de métaux fondus dans un alliage. Des ouvrages comme le Topologicon montrent que cette technique permet d'aborder les sujets réputés les plus arides. Mais aujourd'hui il est temps de concevoir de nouveaux ouvrages, s'adressant à un plus large public. On a coutume de dire que ce qu'on appelle "le Grand Public" correspond à un élève de douze ans. C'est donc pour ce lectorat que je vais maintenant travailler.

Les sujets abordés seront plus simples, moins abstraits, plus tournés vers une utilisation immédiate, comme l'électricité, l'exploitation de l'énergie solaire, de celle du vent. Mais cela ne veut pas dire que des pans de connaissance seront négligés, comme la biologie, la géométrie, l'économie, les sciences de la Terre et du ciel, la compréhension de l'univers qui nous entoure.

Mais assez parlé. Il est temps maintenant pour moi de découvrir avec vous de nouvelles aventures d'Anselme Lanturlu.

 

 

etc....

 

 


References :


[1] Jean-Pierre petit & Bertrand Lebrun : Shock wave cancellation by Lorentz forces action around a model imbeded in a supersonic flow avec B. Lebrun (9th International MHD meeting, Tsukuba, Japan, 1987).
[2] Jean-Pierre Petit : Hydraulic simulation of shock wave annihilation & Annihilation of the Velikhov instability by magnetic confinment, Spiral electric currents with high appearent Hall parameter confinment (8th International MHD meeting, Moscow 1983).
[3] Jean-Pierre Petit & Bertrand Lebrun Annihilation MHD des ondes de choc autour d'un profil lenticulaire immergé dans un courant d'argon chaud supersonique, thèse de doctorat de B. Lebrun, (Poitiers, 1987 & Journal de Mécanique, 1987, France) (Shock wave annihilation around a flat wing in hot supersonic gas flow ).
[4 Jean-Pierre Petit & Bertrand : Shock wave cancellation by Lorentz Force field avec B. Lebrun (10the international MHD meeting, Pekin 1991).
[5] Jean-Pierre Petit : An interpretation of cosmological model with variable light velocity (Modern Physics Letters A. Vol 3, N°16, Décembre 1988, pp 1527-1532).
[6] Jean-Pierre Petit : An interpretation of cosmological model with variable light velocity : the interpretation of red shifts (Modern Physics Letters A. Vol 3, N°18, Décembre 1988, pp 1733-1744).
[7] Jean-Pierre Petit & Maurice Viton : Gauge cosmological model with variable light velocity. III: Comparison with QSO observationnal data (Modern Physics Letters A. Vol 4, N°23, Décembre 1989, pp 2201-2210).
[8] Jean-Pierre Petit : Convertisseurs MHD d'un genre nouveau (Comptes Rendus de l'Académie des Sciences de Paris, 15 Septembre 1975, t. 281, pp. 157-159) ( New MHD converters ).
[9] Jean-Pierre Petit & Maurive Viton : Convertisseurs MHD d'un genre nouveau. Appareil à induction avec Maurice Viton (Comptes Rendus de l'Académie des Sciences de Paris, 28 Février 1977, t. 284, pp. 167-179) ( New MHD converters : induction machines).
[10] Jean-Pierre Petit : The missing mass problem (Il Nuevo Cimento B, Vol. 109, Juillet 1994, pp 697-710. 14 pages)
[11] Jean-Pierre Petit, Frédéric Landsheat et Pierre : Twin Universe Cosmology (Astrophysics and Space Science, Février 1995, 35 pages)
[12] Jean-Pierre Petit : Univers énantiomorphes à temps propres opposés (Comptes rendus de l'Académie des Sciences de Paris, 23 Mai 1977, Série A., t. 263, pp. 1315-1318) ( Enantiomorphic universe with opposite time arrows ).
[13] Jean,-Pierre Petit : Univers en interaction avec leur image dans le miroir du temps (Comptes Rendus de l'Académie des Sciences de Paris, 6 Juin 1977, Série A., t. 284, pp. 1413-1416) (Univers interacting with their opposite time arrow fold ).
[14] J.P.Petit, P.Midy & F.Landsheat : Twin matter against dark matter. International Conference on Astrophysics and Cosmology ”Where is the matter ?” Marseille, France, 2001 june 25-29
[15] Jean-Pierre Petit : Le retournement non trivial du tore ( a new version of the eversion of the 2-torus ). Mathématiques. Comptes Rendus Académie des Sciences de Paris, présenté par le professeur André Lichnérowicz. tome 293 , séance du 5octobre 1981, série 1 pp. 269-272

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